Arthur Schopenhauer eBooks
eBooks di Arthur Schopenhauer editi da Ehs
Notre conduite envers nous-mêmes et envers les autresPensées de Schopenhauer. E-book. Formato EPUB Arthur Schopenhauer - Ehs, 2026 -
Je considère comme la règle suprême de toute sagesse dans la vie la proposition énoncée par Aristote: «Le sage poursuit l’absence de douleur et non le plaisir ». La vérité de cette sentence repose sur ce que tout plaisir et tout bonheur sont de nature négative, la douleur par contre de nature positive... Quand notre corps tout entier est sain et intact, sauf une petite place blessée ou douloureuse, la conscience cesse de percevoir la santé du tout ; l’attention se dirige tout entière sur la douleur de la partie lésée, et le plaisir, déterminé par le sentiment total de l’existence, s’efface. De même, quand toutes nos affaires marchent à notre gré, sauf une seule qui va à l’encontre, c’est celle-ci, fût-elle de minime importance, qui nous trotte constamment par la cervelle, c’est sur elle que se reporte toujours notre pensée et rarement sur les autres choses, plus importantes, qui marchent à notre souhait. Dans les deux cas, c’est la volonté qui est lésée, la première fois telle qu’elle s’objective dans l’organisme, la seconde fois dans les efforts de l’homme ; nous voyons, dans les deux cas, que sa satisfaction n’agit jamais que négativement, et que, par conséquent, elle n’est pas éprouvée directement du tout ; c’est tout au plus par voie réflexe qu’elle arrive à la conscience. Ce qu’il y a de positif au contraire, c’est l’empêchement de la volonté, lequel se manifeste directement aussi. Tout plaisir consiste à supprimer cet empêchement, à s’en affranchir, et ne saurait être, par conséquent, que de courte durée.
Ce que l’on est, ce que l’on a, et ce que l’on représenteAphorismes sur la sagesse de la vie. E-book. Formato EPUB Arthur Schopenhauer - Ehs, 2025 -
Ce qui différencie le sort des humains peut être ramené à trois conditions fondamentales ; à savoir : 1° Ce qu'on est: donc la personnalité, dans son sens le plus étendu. Par conséquent, on comprend ici la santé, la force, la beauté, le tempérament, le caractère moral, l'intelligence et son développement.2° Ce qu'on a: donc propriété et avoir de toute nature.3° Ce qu'on représente: on sait que par cette expression l'on entend la manière dont les autres se représentent un individu, par conséquent ce qu'il est dans leur représentation. Cela consiste donc dans leur opinion à son égard et se divise en honneur, rang et gloire… L'essentiel pour le bonheur de la vie, c'est ce que l'on a en soi-même. C'est uniquement parce que la dose en est d'ordinaire si petite que la plupart de ceux qui sont sortis déjà victorieux de la lutte contre le besoin se sentent au fond tout aussi malheureux que ceux qui sont encore dans la mêlée. Le vide de leur intérieur, l'insipidité de leur intelligence, la pauvreté de leur esprit les poussent à rechercher la compagnie, mais une compagnie composée de leurs pareils. Alors commence en commun la chasse au passe-temps et à l'amusement, qu'ils cherchent d'abord dans les jouissances sensuelles, dans les plaisirs de toute espèce et finalement dans la débauche. La source de cette funeste dissipation, qui, en un temps souvent incroyablement court, fait dépenser de gros héritages à tant de fils de famille entrés riches dans la vie, n'est autre en vérité que l'ennui résultant de cette pauvreté et de ce vide de l'esprit que nous venons de dépeindre. Un jeune homme ainsi lancé dans le monde, riche en dehors, mais pauvre en dedans, s'efforce vainement de remplacer la richesse intérieure par l'extérieure; il veut tout recevoir du dehors, semblable à ces vieillards qui cherchent à puiser de nouvelles forces dans l'haleine des jeunes filles. De cette façon, la pauvreté intérieure a fini par amener aussi la pauvreté extérieure.
La Métaphysique de l’AmourPensées de Schopenhauer. E-book. Formato EPUB Arthur Schopenhauer - Ehs, 2025 -
Il n’est donc pas permis de douter de la réalité de l’amour ni de son importance. Au lieu de s’étonner qu’un philosophe cherche à s’emparer lui aussi de cette question, thème éternel pour tous les poètes, l’on devrait plutôt être surpris qu’une affaire qui joue dans la vie humaine un rôle si important ait été, jusqu’à présent, négligée par les philosophes, et soit là devant nous comme une matière neuve…Toute inclination tendre, quelques airs éthérés qu’elle affecte, a toutes ses racines dans l’instinct naturel des sexes?; et même elle n’est pas autre chose que cet instinct spécialisé, déterminé, et même tout à fait individualisé. Ceci posé, si l’on observe le rôle important que joue l’amour à tous ses degrés et dans toutes ses nuances non seulement dans les comédies et dans les romans, mais aussi dans le monde réel, où il est, avec l’amour de la vie, le plus puissant et le plus actif de tous les ressorts, si l’on songe qu’il occupe continuellement les forces de la plus jeune partie de l’humanité, qu’il est le dernier but de presque tout effort humain, qu’il a une influence perturbatrice sur les affaires les plus importantes, qu’il interrompt à toute heure les occupations les plus sérieuses, que parfois il met pour un temps les plus grands esprits à l’envers,… qu’il rompt les relations les plus précieuses, brise les liens les plus solides,… on est alors prêt à s’écrier : Pourquoi tant de bruit?? pourquoi ces efforts, ces emportements, ces anxiétés et cette misère??À PROPOS DE L'AUTEUR,Arthur Schopenhauer (1788–1860) est un philosophe allemand majeur du XIX? siècle, reconnu pour son œuvre pessimiste et profondément influente sur la pensée moderne. Disciple critique de Kant, il développe une philosophie centrée sur le concept de la Volonté, force irrationnelle et aveugle qui gouverne le monde et les êtres humains. Son œuvre principale, Le Monde comme volonté et comme représentation, explore la souffrance inhérente à l’existence et propose comme voies de salut la contemplation esthétique, la compassion et le renoncement. Longtemps marginalisé de son vivant, Schopenhauer exercera une influence déterminante sur des penseurs et artistes tels que Nietzsche, Freud, Wagner et Thomas Mann.