Thomas Mofolo eBooks
eBooks di Thomas Mofolo di Formato Epub
c h a k a. E-book. Formato EPUB Thomas Mofolo - Chika Press, 2026 -
En théorie, toute œuvre d'art est autonome et indépendante de toute circonstance ouexplication extérieure. Mais dans la pratique, nous constatons que cette théorie est tropabsolue : il est rare de recevoir le message, même d'un maître, sans désirer une certaineconnaissance de sa matière première, une certaine familiarité avec sa méthode, uneraison d'éprouver de la sympathie pour sa démarche artistique. Ces points de contactavec le monde réel sont, dans le cas présent, plus que d'ordinaire intéressants, et je suisconvaincu qu'il vaut mieux les aborder d'abord, avant d'inviter le lecteur à partager leplaisir que ce récit est capable d'offrir, qu'il s'agisse d'une histoire, d'une épopée ou d'undrame tragique.L'auteur, Thomas Mofolo, né vers 1875, est un Mosuto, natif du Basutoland, et écrit enSesuto, la langue de son peuple. Son manuscrit fut traduit par M. F. H. Dutton, directeur del'Éducation, en collaboration avec M. W. R. Moule, alors inspecteur des écoles, tous deuxà Maseru, au Basutoland. Un récit de la vie de Mofolo, rédigé en anglais par un autreMosuto, nommé Z. D.Mangoaela, qui avait été à l'école avec Mofolo, travailla plus tard avec lui à Morija et est,comme lui, un auteur Sesuto. Mangoaela nous apprend que Mofolo était le deuxième filsde parents chrétiens Basuto et qu'il grandit dans un cadre naturel magnifique àQomoqomong, dans le district de Quthing, une vallée fertile de la partie montagneuse duBasutoland. Entre 1880 et 1890, alors que Mofolo était jeune, cette vallée offraitd'excellents pâturages et des terres céréalières.Les collines montagneuses et les ravins étaient encore couverts de forêts naturelles et defourrés de bambous, et des ruisseaux dévalaient les nombreuses gorges pour se jeter dansle plus grand cours d'eau Qomoqomong, sur les rives duquel s'étendaient de richeschamps de blé, de maïs et de sorgho. Sur les collines et les plateaux, le gibier abondait, onpouvait encore apercevoir des groupes de singes, et il y avait des léopards quis'attaquaient au bétail des habitants.Le garçon était calme, timide et réservé, mais il jouait et gardait les troupeaux avecd'autres garçons et accompagnait parfois les « porteurs de bétail », menant les bœufs quitiraient les chariots apportant des marchandises de la gare ferroviaire : il participait parfoisaux chasses organisées pour tuer du gibier ou des singes dans les montagnes : et il voyaitou entendait parler de la mise à mort de léopards par des hommes plus âgés. Il fréquentaensuite une école fondée par le révérend Everitt Lechesa Segoete, un pasteur dévoué del'Église du Basutoland, créée par la Société missionnaire évangélique de Paris. Thomasn'était pas un élève brillant, mais il travaillait dur et aimait et admirait son professeur etguide spirituel. Après l'école, lorsqu'il n'aidait pas ses parents, il allait seul s'asseoir surune colline surplombant son village, préparant ses leçons, contemplant le magnifiquepaysage ou observant les allées et venues des villageois et de leurs troupeaux de vaches,de moutons et de chèvres...