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eBooks di Titolo G di Delly editi da Raanan Editeur
Gilles de Cesbres. E-book. Formato EPUB Delly - Raanan Editeur, 2020 -
Extrait| IPasca éleva entre ses mains la blanche soierie, et un rayon de soleil, glissant à travers les branches enchevêtrées des vieux hêtres, vint caresser la chatoyante moisson fleurie jetée sur l’étoffe souple par la main de la jeune brodeuse. Campanules, muguets, légères jacinthes, fraîches roses pompon semblèrent un instant, sous ce rapide jeu de lumière, vivre et palpiter, tandis que la brise tiède, venue des profondeurs du bois de Silvi, complétait l’illusion en apportant un délicat parfum de fleurettes cachées.Un sourire de satisfaction entrouvrit les lèvres de Pasca. Ses yeux noirs, veloutés, dont l’expression était singulièrement profonde, contemplèrent pendant quelques minutes son œuvre. Puis elle étendit sur ses genoux la feuille de soie et pencha vers elle, pour l’examiner dans tous ses détails, sa tête délicate, qui semblait supporter avec peine le poids d’une souple et magnifique chevelure d’un blond chaudement doré, dont une partie retombait sur la nuque et jusque sur le cou élégant que découvrait le col du très simple corsage blanc.– Je crois que ce sera joli, murmura-t-elle.Ses doigts agiles et fins se mirent en devoir de plier l’étoffe soyeuse. Quand elle l’eut enveloppée dans une toile blanche, elle la posa près d’elle, sur le vieux banc de pierre, puis, croisant ses mains sur ses genoux, laissant son regard mélancolique et grave errer autour d’elle, Pasca parut s’absorber dans une songerie profonde.Elle se trouvait dans une petite clairière, son lieu de prédilection, où chaque jour, quand elle le pouvait, elle venait travailler quelque temps. Un vieux banc était là, scellé au mur de l’antique oratoire qui abritait la statue vénérée de la Madonna del Fiore. Ce sanctuaire délabré avait une parure que d’autres plus somptueux eussent pu lui envier ; il disparaissait littéralement sous les roses. Celles-ci l’avaient pris d’assaut depuis la base jusqu’au faîte, elles se glissaient à l’intérieur par d’étroites fenêtres veuves de vitraux, s’avançaient sur le vantail de chêne à demi pourri par les intempéries, s’étendaient en longues traînes le long des colonnes du petit porche, et jusque sur le sol, envahissaient même le banc verdi où s’asseyait Pasca... Et bien loin, dans le bois, se répandait le parfum suave et enivrant de toutes ces roses...|
Gwen, princesse d’Orient. E-book. Formato EPUB Delly - Raanan Editeur, 2020 -
Extrait| ILa résidence des rajahs de Pavala, à Bornéo, se composait de plusieurs palais, construits au milieu de jardins magnifiques et reliés entre eux par de longues galeries de marbre blanc. Ils avaient chacun leur nom.Celui de Sa Hautesse Han-Kaï s’appelait le palais de la Lumière Heureuse. Sa Hautesse Han-Kaï, jeune rajah de Pavala, portait, en France, le nom du vicomte Dougual de Penanscoët. Il était, en effet, le fils du comte Ivor de Penanscoët, dont la résidence personnelle était connue sous le nom de palais du Dragon d’Or. Comment ces Bretons se trouvaient-ils à la tête de cet État hindou ? De tout temps, les membres de la famille de Penanscoët, dont l’origine était perdue dans les brumes de la légende, avaient aimé les aventures lointaines d’où ils revenaient bien souvent pervertis par l’or et les plaisirs. Ne faisant pas exception à cette tradition familiale, les deux frères Ivor et Riec quittèrent très jeunes le domaine de Kermazenc – cadeau du duc de Bretagne à un de leurs lointains ancêtres – pour courir le monde. On apprit, un jour, qu’après mille mésaventures ils avaient épousé deux sœurs, filles d’un maharajah. Mais, tandis que Riec mourait l’année suivante, suivi peu après dans la tombe par sa femme, Ivor avait été désigné par le rajah de Pavala pour lui succéder. Et c’est ainsi qu’il était devenu un puissant despote oriental.Il était resté de longues années sans revenir en France, mais s’était tout de même décidé à aller passer un été dans son château de Kermazenc. Il était accompagné dans ce voyage de sa femme Nouhourmal, de son fils Dougual, de son confident, un brahmane nommé Appadjy, et de ses nombreux domestiques indigènes, hindous, malais et chinois. Il avait donné des fêtes somptueuses, dignes d’un potentat d’Orient, transportant pour une nuit ses invités bretons dans les féeries des Mille et une Nuits. Depuis peu, il était de retour à Palava. Son fils l’avait précédé de quelques jours.Cet après-midi, il travaillait dans une salle fraîche et parfumée en compagnie de son fidèle Appadjy et d’un secrétaire à qui il dictait du courrier, quand Dougual entra. D’un geste, Ivor congédia le secrétaire. Restés seuls, le comte, son fils et le brahmane s’entretinrent, en prenant le thé, de quelques faits de politique générale qui, à ce moment, occupaient l’Europe. M. de Penanscoët les ramenaient à sa grande préoccupation : une organisation secrète, formidable, du monde asiatique...|